à l'Ultimate FC,
Champions
de la décennie à AD,
au K1 Grand Prix,
à l'Ultimate FC,
et au Pride;
des sports de combat
et des arts martiaux
jusqu'à l'Antiquité.
3) Tous les styles (frappes et saisies) confondus.

Pour le combat "total", "intégral", "extrême", "libre" ... (selon les appellations), il existe une multitude d'organisations (comme dans beaucoup d'autres disciplines) mais deux tournois ont vraiment été successivement la référence ultime : d'abord l'Ultimate Fighting Championship (organisé essentiellement aux Etats-Unis) puis le Pride (au Japon).

Au rythme de plusieurs tournois par an, puis de combats distincts, l'UFC a désigné plusieurs grands champions et surtout permis de vérifier l'efficacité des différentes disciplines en combat réel. Ce ne furent pas celles auxquelles ont s'attendait !

Le premier vainqueur surprit tout le monde. Royce Gracie, expert de Jiu-Jitsu Brésilien, doté d'un gabarit longiligne (1m86, 80 kg) et vêtu d'un judogi, pénètre dans l'octogone accompagné par tout le clan Gracie. Il remporte l'UFC 1 (en novembre 1993) sans être ni blessé ni fatigué, battant même en finale (sur étranglement) le champion du monde poids lourds de Boxe Française : le néerlandais Gérard Gordeau.

Il réédite son exploit quelques mois plus tard (en mars 1994), dans l'UFC 2, battant en finale (par soumission sur des frappes au sol) l'américain Pat Smith (1m90, près de 100 kg) pourtant l'un des meilleurs kick-boxeurs de la planète. Tout le monde s'étonne. Mais quel est cet art martial où les combattants évoluent au sol et soumettent leurs adversaires par des clés de bras et des étranglements ?

Dans l'UFC 3 (en septembre 1994), bien que vainqueur de son combat contre le titanesque Kimo Leopoldo (1m85, 115 kg), Royce Gracie doit déclarer forfait pour la suite de la compétition. Epuisé ! C'est l'expert de Nin-Jitsu Steve Jennum qui profite de l'aubaine pour inscrire brièvement son nom au palmarès de cette compétition.

En décembre 1994, Royce Gracie toujours invaincu, remporte son troisième titre battant cette fois en finale (par étranglement) un expérimenté lutteur et samboïste américain : Dan Severn (1m88, 113 kg). Mais on sent toutefois que l'effet de surprise (combat au sol) commence à s'estomper. Le brésilien reste le maître des soumissions mais le sol semble aussi convenir aux massifs spécialistes de Lutte Libre.

L'année 1995 est peut-être un tournant. Tandis que son frère Rickson Gracie imprime la même domination sur les combattants japonais (lors des Japan Vale Tudo 94 et 95) et que son cousin Renzo Gracie se permettra en octobre de cette même année de battre l'ancien champion du monde de Full-Contact et de Boxe Anglaise professionnelle James Warring (lors du World Combat Chapionship), Royce Gracie accepte le défi de Ken Shamrock (1m83, 98 kg): un seul combat, titre en jeu. Ce match (baptisé "super-fight" comme on l'utilisera aussi à Abu Dhabi) a lieu dans l'UFC 5 d'avril 1995. Le résultat est un "match nul" mais Ken Shamrock (par ailleurs "roi du Pancrase" depuis décembre 94 au Japon) prétend être le nouveau champion puisque Royce arrête ensuite la compétition.
Il y a quand même un tournoi lors de cet UFC 5. Dan Severn y bat le canadien Dave Beneteau, lutteur et judoka. Cette victoire fait de lui le prochain prétendant au titre.

Dans l'UFC 6 (en juillet 1995), en l'absence de Royce Gracie devenu "trop cher" pour les organisateurs, Ken Shamrock bat Dan Severn par étranglement "en guillotine". Un lutteur classique battu par un plus jeune qui maîtrise des soumissions issues du Pancrase (un style inventé au Japon par l'ancien catcheur Masakatsu Funaki). C'est l'émergence des styles hybrides.
Dans le tournoi, c'est le russe Oleg Taktarov (1m83, 95 kg) (par ailleurs champion du monde de Sambo, et futur acteur de cinéma) qui bat David "Tank" Abbot par étranglement.

Dans l'UFC 7 (de septembre 1995), un nouveau brésilien s'impose dans le tournoi. Pourtant, ce n'est pas un spécialiste de Jiu-jitsu. Il est issu du Muay Thaï puis a créé son propre style (le Ruas Vale Tudo) en y incorporant de nombreuses techniques dont celles de la Luta Livre. Marco Ruas (1m85, 95 kg) bat en finale "l'Ours Polaire" Paul Varelans (2m05, 140 kg) sur des frappes aux jambes.
Dans le "super-fight", titre en jeu, Ken Shamrock et Oleg Taktarov font match nul.

Pour finir l'année 1995, les promoteurs de l'UFC décident d'organiser un "Ultimate Ultimate" réunissant tous les vainqueurs et finalistes des tournois précédents. En l'absence de Royce Gracie et de Ken Shamrock, c'est Dan Severn qui s'impose en finale contre Oleg Taktarov (ce dernier ayant battu Marco Ruas en demi sur décision des juges contreversée). Cette deuxième victoire, dans un tournoi de l'UFC, redonne à Severn le droit d'affronter Ken Shamrock pour le titre.

C'est en février 1996 qu'a lieu l'UFC 8. Le traditionnel tournoi est remporté par Don Frye (un expert de Lutte Libre également professionnel de Boxe Anglaise) qui s'impose en finale par soumission contre Gary Goodridge (le champion du monde de ... bras de fer ! et par ailleurs expert de Kuk Sool Won, un art martial coréen). Dans le combat pour le titre, Ken Shamrock préfère rencontrer Kimo Leopoldo, l'hawaïen qui avait donné tant de fil à retordre à Royce Gracie, plutôt que d'accorder tout de suite une revanche à Severn. Shamrock l'emporte rapidement par une clé de genou.

L'UFC 9 de mai 1996 déroge à la règle. Il n'y a pas de tournoi. Des combats uniques mais avec des noms prestigieux comme Mark Schultz, ancien champion olympique en 1984 et double champion du monde en 1985 et 87 de Lutte Libre ! Don Frye y affronte Amaury Bitteti (récent premier champion du monde "toutes catégories" de Jiu-Jitsu Brésilien, l'art martial popularisé par Royce Gracie). La tactique utilisée (ne pas aller au sol, domaine d'excellence du Jiu-Jitsu) paie. Grâce à sa maîtrise de la Lutte et à une solide Boxe Anglaise, Frye fait mieux que Shamrock (qui n'avait réussi que le match nul) face aux prodigieux brésiliens. Quant au combat pour le titre, Dan Severn y déjoue les pronostics en obtenant la victoire sur décision des juges face à Ken Shamrock.

En juillet 1996, on revient à la formule du tournoi. Les lutteurs de classe mondiale ne cessent d'affluer. Dans cet UFC 10, le musculeux Mark Coleman (1m85, près de 110 kg, vice-champion du monde de Lutte Libre) remporte la finale face à Don Frye (sur des frappes au sol).

Il réédite son parcours victorieux dans l'UFC 11 de septembre cette fois-ci contre Brian Johnston. A chaque fois, la tactique utilisée est la même : amener l'adversaire au sol en restant dans un position forte (au-dessus) puis marteler de coups jusqu'à l'abandon ou le KO. Là où les brésiliens, maîtres techniciens favorisaient la souplesse, les lutteurs américains ont répondu par la force : le "ground'n'pound". Coleman obtient le droit d'affronter Severn pour le titre de l'UFC.

Mais auparavant, les promoteurs de l'UFC organisent un second Ultimate Ultimate en décembre 1996. Hélas, toujours pas de Royce Gracie (pourtant triple vainqueur de l'épreuve) ni de Coleman ou de Severn (qui s'affronteront titre en jeu dans quelques mois). En fait, peu de vainqueurs des éditions précédentes participent. Ken Shamrock est bien là mais se blesse dès le premier tour. En finale, Don Frye bat David "Tank" Abbott par soumission (étranglement). Mais ce sera son dernier combat avant plusieurs années, Frye (et Shamrock) préférant la pratique professionnelle du catch, au Japon, plus lucrative et moins dangereuse.

UFC 12 : nous sommes en février 1997. Mark Coleman devient le nouveau champion en battant Dan Severn par étranglement "en guillotine". Dans le tournoi (qui sert désormais à désigner les futurs challengers), le Brésil retrouve ses lettres de noblesse avec un phénomène : Vitor Belfort. Ce jeune combattant de 1m83 pour 90 kg (ou plus) combine la Boxe Anglaise (c'est un puncheur des deux poings) et le Jiu-Jitsu Brésilien de l'école Carlson Gracie. Il bat Scott Ferrozzo en finale par KO.

Dans l'UFC 13 de mai 1997, Randy Couture (1m85, 102 kg), un autre lutteur de classe mondiale (issu de la Lutte Gréco-Romaine) gagne le tournoi, battant en finale Steven Graham. Vitor Belfort, pour patienter, est opposé à David Abbott qu'il met rapidement KO.

Dans l'UFC 14 de juillet 1997, l'impressionnant Mark Kerr (1m85, plus de 115 kg) (par ailleurs ancien vainqueur de la coupe du monde de Lutte Libre) écrase le tournoi battant en finale un autre lutteur Daniel Bobish.
En parallèle, Mark Coleman remet son titre en jeu contre Maurice Smith (1m88, 100 kg) ancien champion du monde de Kick-Boxing (recordman de victoires dans sa discipline titre en jeu : 28 !). Coleman, comme tout lutteur ou jiu-jitsuka face à un frappeur part largement favori mais "Mo" Smith crée une surprise de taille et emporte la décision des juges.

Histoire des MMA
05/06/03