des sports de combat
Champions
de la décennie à AD,
au K1 Grand Prix,
à l'Ultimate FC,
et au Pride;
des sports de combat
et des arts martiaux
jusqu'à l'Antiquité.
CHAMPIONS DU SIECLE (à partir de 1892)

1) Sports de combats

La fin du XIXème siècle marque la renaissance des valeurs athlétiques en Occident. L'esprit sportif est notamment présent en Angleterre où la Boxe clandestine à mains nues s'humanise avec le port de gants mais aussi en France où la Lutte jusqu'alors cantonnée à des fêtes foraines va bientôt prendre le statut de discipline olympique. L'Orient sera influencé par cette tendance puisque les "jitsu" (techniques guerrières) des samouraïs japonais deviendront des "do" (voies morales) codifiées par des universitaires empreints de modernisme et d'ouverture aux pays étrangers.

En 1892 a lieu le premier championnat du monde de Boxe Anglaise selon les règles du Marquis de Queensburry. Il oppose deux américains : le champion du monde de Boxe à poings nus depuis 1882, John L. Sullivan dit "le dur de Boston" (1m78, 86 kg lors de sa conquête du titre et probablement près de 100 kg ce jour historique), à son challenger James J. Corbett surnommé le "Gentleman" (1m82, 81 kg). La victoire du "gentilhomme" (au 21ème round, grâce à la technique) sur le "cogneur" marque la fin d'une époque sanglante. Désormais la Boxe Anglaise est un sport soucieux de préserver l'intégrité physique de ses pratiquants.
Dans quelques années (en 1904 exactement) et avec de menus aménagements, la Boxe Anglaise amateur rejoindra le giron des sports olympiques.

C'est par un français, le Baron Pierre de Coubertin, que les Jeux Olympiques renaîtront après plus de 1500 années d'oubli. L'un des premiers sports que Coubertin réintroduira dans le programme olympique sera la Lutte Gréco-Romaine (présente dès 708 avant Jésus Christ lors de la 18ème olympiade grecque). En France, cette discipline renaît vers 1845 grâce à un certain Exbrayat, ancien grognard de l'Empire qui tient une baraque foraine. Il institue la règle de ne pas porter de prises au-dessous de la ceinture et interdit prises et torsions douloureuses.
La Lutte Gréco-Romaine est présente aux Jeux d'Athènes dès 1896. Ses premiers championnats du monde se déroulent à Vienne en 1904.
La Lutte Libre, d'origine anglo-saxone, qui autorise les prises dans les jambes, est ajoutée au programme olympique en 1904 à Saint-Louis (Etats-Unis) mais il faudra attendre 1951 à Helsinki (Finlande) pour que les premiers championnats du monde soient organisés.

Tant en Boxe professionnelle ou amateur qu'en Lutte gréco-romaine ou libre, les grands champions ne manqueront pas. Et puis, le nombre des sports de combat va lui-même augmenter entre autres sous l'influence du cinéma d'action (notamment de Hong-Kong (une pensée pour Bruce Lee ...). Il serait impossible de lister tous les champions. Je ne citerai donc que les meilleurs (les plus titrés) avec une préférence pour les champions "poids lourds" et/ou "toutes catégories".

En Boxe Anglaise professionnelle (existant au niveau mondial depuis 1892), deux noms sont souvent opposés pour désigner le meilleur pugiliste du siècle : Joe Louis "le bombardier noir" et Cassius Clay rebaptisé Mohamed Ali (après sa conversion à l'islam) d'abord surnommé "la grande gueule" puis "le plus grand".
Joe Louis (1m86, 90 kg lors de la conquête du titre) est devenu le deuxième champion du monde noir de l'histoire en 1937 en battant par KO son compatriote James J. Braddock (1m88, 87 kg). Il a symbolisé la suprématie de l'Amérique sur le nazisme allemand (incarné par Max Schmeling) et le fascisme italien (incarné par le géant Primo Carnera). Il règnera pendant près de 12 années enchaînant 26 victoires en championnat du monde dont 23 obtenues par KO. Record absolu. Arraché à sa retraite par des problèmes d'argent, il commettra l'erreur si souvent répétée par ses semblables : remonter sur le ring pour y connaître la défaite.
Beaucoup plus charismatique et lui aussi noir américain dans un contexte de guerre (contre le Vietnam), Mohamed Ali (1m90, 80 kg puis autour de 95 kg) fut champion olympique en 1960 avant de s'emparer du titre mondial chez les professionnels en 1964 en poussant le dur Sonny Liston (1m86, 97 kg) à l'abandon. Il gardera ce titre 4 années avant d'en être destitué par la justice américaine à cause de son refus de faire la guerre. Il lui faudra attendre 1974 pour récupérer son titre lors d'un combat fabuleux à Kinshassa au Zaïre contre l'impressionnant George Foreman (1m93, 99 kg à l'époque) lui aussi champion olympique et invaincu chez les professionnels. Son deuxième règne durera 4 nouvelles années jusqu'à ce qu'un jeune champion olympique du nom de Leon Spinks (1m87, 89 kg) ne vienne l'en déposséder brièvement. Ali remportera la revanche mais devra bientôt arrêter la Boxe, victime de la maladie de Parkinson.

Chez les amateurs, deux cubains se partagent aussi les votes pour la première place. Ni l'un ni l'autre ne voudra passer chez les professionnels, respectant ainsi les principes de leur patrie communiste.
Le premier est un contemporain de Mohamed Ali : Teofilo Stevenson (1m92, 93 kg). Il remportera 3 titres olympiques en 1972, 1976 et 1980 et ajoutera 3 titres de champion du monde amateur à ce palmarès sans précédent.
Felix Savon-Fabre (1m94, 91 kg) obtiendra lui aussi 3 titres olympiques le dernier à 34 ans (l'âge maximum autorisé chez les amateurs) : en 1992, 1996 et 2000. On dit même qu'il aurait pu remporter les Jeux de 1988 si son pays ne les avait pas boycottés. Quoiqu'il en soit, il ajoutera 6 titres de champions du monde amateur à ce grandiose palmarès. Un record.

En Lutte Gréco-Romaine (présente aux Jeux depuis 1896), il est un lutteur incontournable, une force de la nature que chacun considère comme "le lutteur du siècle" : le russe Aleksandr Karelin (1m91, 130 kg). Trois fois champion olympique (en 1988, 1992 et 1996) et 9 fois champion du monde (dernier titre en 1999), pour ne citer que ses principaux titres, il ne connaîtra la défaite chez les seniors qu'en finale de ses quatrièmes Jeux, à Sydney, en l'an 2000, face à l'américain Rulon Gardner. En plus d'être un champion exceptionnel, Karelin est aussi un lettré et depuis sa retraite sportive est devenu un élu à la Douma (assemblée régionale) dans sa Sibérie natale.

En Lutte Libre, où excellent généralement les américains, c'est encore un russe qui possède le palmarès le plus éloquent : Aleksandr Medved (1m90, moins de 100 kg puis environ 120 kg). Il totalisera lui aussi 3 titres olympiques (en 1964, 1968 et 1972) et 7 titres de champion du monde (3 chez les moins de 100 kg et 4 au-dessus).

Pour l'anecdote, on peut aussi citer les deux lutteurs "poids lourds" qui obtinrent des titres olympiques ou mondiaux dans les deux styles majeurs de la Lutte :
- l'estonien Kristjan Palusalu (en "plus de 87 kg") qui obtiendra les deux titres olympiques à Berlin en 1936 (Lutte Libre et Lutte Gréco-Romaine)
- et le suèdois Bertil Antonsson (lui aussi en "plus de 87 kg") qui sera champion du monde de Lutte Gréco-Romaine en 1950, de Lutte Libre en 1951 puis à nouveau de Lutte Gréco-Romaine en 1953.

Histoire des MMA
05/06/03