jusqu'à l'Antiquité.
Champions
de la décennie à AD,
au K1 Grand Prix,
à l'Ultimate FC,
et au Pride;
des sports de combat
et des arts martiaux
jusqu'à l'Antiquité.
CHAMPIONS DU MILLENAIRE (776 avant JC - 393 après JC)

La liste complète des "Olympioniké" (les vainqueurs des Jeux Olympiques Antiques) a été perdue il y a fort longtemps. Toutefois, les plus fameux d'entre eux nous sont connus, vingt-cinq siècles après leurs exploits. Il sera ainsi possible de comparer les meilleurs combattants du siècle (1892-2003) ou de la décennie (1993-2003) avec les légendes du millénaire (776 av. JC - 393 ap. JC).

La Lutte (Palê) apparaît aux Jeux Olympiques lors de la 18ème olympiade (en 708 av. JC). Cette discipline a été écrasée par l'invincible Milon de Crotone (un aristocrate d'une cité de la "Grande Grèce", au sud de l'Italie). Couronné une première fois à Olympie alors qu'il n'était qu'un adolescent (en 540 av. JC), il ajoutera ensuite 5 nouvelles couronnes consécutives de 532 à 516 av. JC. Il complétera ces 6 titres olympiques par 7 victoires aux Jeux Pythiques (épreuves presque aussi prestigieuses qui se déroulaient à Delphes tous les 4 ans). Milon ne connaîtra sa première défaite qu'en 512 av. JC, pas parce qu'il était moins puissant que son adversaire mais parce que celui-ci l'épuisa à force d'éviter ses attaques, alors que Milon avait largement dépassé la quarantaine. Cet homme doté d'une force surhumaine aimait à l'exhiber en tenant dans sa main une grenade et en défiant quiconque de lui ouvrir les doigts ou d'écraser le fruit en les serrant. Pour s'entraîner, il soulevait un veau tous les matins et le portait jusqu'à ce qu'il devienne adulte. A la fin de sa carrière sportive, sa cité reconnaissante érigea une statue en son honneur et Milon la posa lui-même sur son socle. On estima le poids de la statue à 900 kg ! Mais Milon n'était pas qu'un lutteur. Il fut également le disciple puis le gendre du philosophe-mathématicien Pythagore. C'était enfin un cavalier réputé et il excellait dans l'art de la guerre.

Le Pugilat (Pygmachia) apparaît aux Jeux lors de la 23ème olympiade (en 688 av. JC). Cet ancêtre de la Boxe (encore que probablement plus proche du Kick-Boxing), eut lui aussi son grand homme au sens propre comme au sens figuré. Mesurant 4 coudées et 5 doigts, c'est-à-dire 1m96, Diagoras de Rhodes collectionna 2 victoires aux Jeux Olympiques, 4 aux Jeux Isthmiques (à Corinthe), 2 aux Jeux Néméens et encore d'autres à Rhodes, Athènes, etc. On le surnomma le "Périodoniké" pour ses victoires aux quatre grands Jeux de l'Antiquité. Le poète lyrique Pindare écrivit en son honneur une ode si belle que les habitants de sa cité la firent graver en lettres d'or sur le temple d'Athena à Lindo. Comble de bonheur, trois de ses fils (Damagetos, Akousilaos et Dorieus) et deux de ses petits-fils (Euclès et Peisidoros, entraîné par sa mère Kallipatera) furent eux aussi champions olympiques !

Le Pancrace (Pankration) apparaît aux Jeux lors de la 33ème olympiade (en 648 av. JC). Alors que dans la Lutte il n'était pas permis de jouer des poings ni dans la Pugilat de se projeter, en Pancrace, presque tout était permis (même les morsures étaient tolérées !). Plusieurs pancraciastes remportèrent 3 victoires à Olympie.

Arrichion de Phigalée est connu pour avoir été couronné la troisième fois à titre posthume. Il réussit à arracher un signe d'abandon à son adversaire en lui tordant la cheville tandis que ce dernier l'étranglait. Hélas, il rendit en même temps son dernier soupir, mais les juges décrétèrent qu'il avait quand même gagné.

Dorieus de Rhodes, fils du célèbre Diagoras, remporta 3 titres à Olympie mais aussi 8 aux Jeux Isthmiques (qui avaient lieu tous les deux ans près de Corinthe) et 7 à Némée (qui avaient aussi lieu tous les 2 ans, en alternance).

Sostratos de Sikyon a été cité par Pausanias dans ses Elides. Surnommé le "casseur de doigts" car sa technique favorite consistait à saisir les doigts de son adversaire et à les tordre jusqu'à ce que celui-ci se rendit, il obtint 12 titres cumulés à Némée et à l'Isthme, 2 à Delphes et 3 à Olympie.

Mais le plus talentueux de tous est peut-être Théagénès de Thasos. En 480 av. JC (lors de la 75ème olympiade), ce pancraciaste participa à la compétition de Pugilat uniquement pour vexer le boxeur Euthymos. Théagénès remporta le titre mais fut ensuite trop fatigué pour se présenter au tournoi de Pancrace. Et les juges lui infligèrent une amende. En 476 av. JC (lors de la 76ème olympiade), il participa à nouveau aux Jeux et cette fois, décrocha les lauriers dans sa discipline. Mais il remporta aussi de nombreuses autres victoires : 3 aux Jeux Pythiques, 10 aux Jeux Isthmiques (c'est-à-dire sur une période de 20 années !) et 9 aux Jeux Néméens. Il obtint même un titre en course à Phthia, la traditionnelle patrie du héros légendaire de l'Iliade (Achille). On découvrit également à Olympie une inscription indiquant que Théagénès avait participé à plus de 1400 combats (soit une moyenne de 70 par an sur l'ensemble de sa très longue carrière !). Et sa légende se perpétua même après sa mort quand les gens de Thasos élevèrent une statue en bronze en sa mémoire. On prétend qu'un homme, qui n'avait jamais gagné un match contre Théagénès, venait chaque nuit près de la statue pour la frapper. Une nuit, la statue se détacha, s'écrasa sur l'adversaire en colère et le tua. Les fils du malheureux poursuivirent la statue pour meurtre ce qui était parfaitement sensé sous la loi grecque. (Les Grecs pensaient que tout meurtre devait être puni, qu'il ait été perpétré par une personne, un animal ou un objet !) Les habitants de Thasos précipitèrent la statue coupable dans l'océan pour classer l'affaire. Dans les années qui suivirent la famine et la peste touchèrent Thasos, et les gens demandèrent conseil aux oracles qui leurs demandèrent d'accueillir à nouveaux tous les habitants de Thasos qui avaient été exilés. Les habitants de Thasos suivirent le conseil, mais les cultures ne poussaient toujours pas. A nouveau, ils consultèrent les oracles. La prêtresse leur répondit qu'ils avaient oublié le grand Théagènes. Peu après, des pècheurs repéchèrent la statue de l'athlète, elle fut replacée à sa place originelle et un sacrifice fut offert aux dieux.

Histoire des MMA
05/06/03